DROIT DE REPONSE
Les changements et adaptations, testés par l’observation et le suivi, rencontreront toujours une forte résistance dans le monde conservateur des colombophiles. Il suffit de penser à l’arrivée du monde numérique et à l’introduction inévitable des systèmes de constatation électroniques.
Ces dernières années, nous avons cependant été confrontés à des plaintes de colombophiles voyant leurs pigeons rentrer épuisés et complètement cassés, des concours de vitesse jusqu’au petit demi-fond. Certainement pas un exemple de bien-être animal.
C’est pourquoi le WAD a été créé : observer sur le terrain plutôt que crier et accuser depuis son fauteuil. Chacun avait sa propre idée à laquelle il refusait de renoncer.
Il est rapidement apparu que le problème était une combinaison de nombreux facteurs : les dérèglements climatiques (la chaleur) et les phénomènes annexes tels que le matériel de transport, l’empilement des paniers, le nombre de pigeons par panier, la circulation, les temps de repos, les camions, le personnel qualifié et les pénuries, la ventilation, les lieux de lâcher, l’aide aux sociétés locales, les contrôles, etc. Et oui, également les matériaux de fond comme le carton, les tapis PVC (formol ?) et les copeaux de bois.
Tous ces facteurs influençaient un élément central : la disponibilité continue d’une eau potable accessible.
Et nous ne parlons pas d’il y a 20 ans, lorsque les températures ambiantes étaient encore supportables. À cette époque, le manque d’eau n’était pas encore un problème urgent. Les camions étaient meilleurs, il y avait moins de circulation : une nuit de transport suffisait.
L’utilisation du carton à l’époque, dans la recherche d’un matériau adapté, n’était effectivement pas un succès : il s’agissait surtout de carton ondulé, non absorbant, qui se recroquevillait, on regardait surtout le prix de revient (en le laissant plusieurs semaines), il devenait rapidement humide, l’abreuvement était mal réfléchi, etc.
Au lieu de faire référence au passé lointain, il faudrait prendre la peine d’examiner le carton actuellement testé : une épaisseur de 0,25 à 0,3 cm, solide, très absorbant, nervuré (anti-bruit et anti-glissement), à usage unique (!!) (donc jamais de moisissure), bon marché (0,30 € par carton ou panier), et aucun pigeon avec des pattes vertes. (Le pigeon occasionnel aux pattes vertes est soit malade, soit n’a pas reçu de nourriture.) Sain, sans formol, rapidement remplacé, inutile à désinfecter, etc.
Les arguments avancés par Lathouwers et Bauwens sont parfaitement fondés lorsqu’on considère l’utilisation du carton moderne actuel.
Argument 1 : l’abreuvement
L’eau reste propre et peut rester disponible lorsqu’un bon carton est utilisé. L’eau souillée par les copeaux transportant les fientes devait être retirée, puis il fallait du temps (du personnel et des conditions adéquates) ainsi que de l’espace pour la remplacer.
Et cela ne se faisait pas toujours : consciemment ou inconsciemment, faute de temps pour l’entretien des abreuvoirs, parce qu’il fallait remplir tout en nourrissant, par manque de connaissances, etc. Et c’était la raison des mauvais retours.
Argument 2 : l’alimentation
Lorsqu’on utilise du maïs pur à raison de 20 à 25 grammes par pigeon, il est consommé très rapidement et la fameuse règle des « 3 secondes » s’applique : la nourriture n’est pas contaminée et il ne reste rien au sol.
Argument 3 : l’hygiène
L’histoire de la coccidiose est un faux argument : ce problème n’est plus celui d’il y a 20 ou 30 ans. Aujourd’hui, les pigeons arrivent généralement en bonne condition dans le panier et se vaccinent naturellement eux-mêmes.
La salmonelle est une autre histoire : boire des fientes contaminées constitue effectivement une importante source d’infection, surtout lors des transports de plusieurs nuits (grand demi-fond et fond), avec le stress supplémentaire et les super-propagateurs. Une eau propre (ce qui laisse également beaucoup plus de temps pour les soins) et une alimentation non excessive sont alors très importantes, même si la contamination ne peut pas toujours être évitée.
Quant aux photos montrées sur divers sites : elles sont clairement recherchées et exagérées. On ne voit plus cela aujourd’hui ! Ces pigeons étaient soit malades, soit n’avaient pas reçu de nourriture, soit étaient placés sur cet ancien carton ondulé détrempé.
Nous pouvons aujourd’hui montrer une multitude de pigeons et de paniers parfaitement en ordre.
Et surtout : depuis une bonne distribution de l’eau et une meilleure compréhension des convoyeurs, il n’y a eu l’année dernière aucune ou très peu de plaintes concernant de mauvais retours. Le pigeon qui rentre encore à moitié mort est soit malade, soit trop stupide pour trouver l’eau.
Cordialement,
Dr C. Gijsbrechts