Pigeons voyageurs et influenza aviaire: que dit la recherche scientifique?
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Pigeons voyageurs et influenza aviaire: que dit la recherche scientifique?

Pigeons voyageurs et influenza aviaire : que dit la recherche scientifique ?

L’influenza aviaire (grippe aviaire) est une maladie principalement associée, à l’échelle mondiale, aux volailles telles que les poules et les dindes. Lors des épizooties, la question se pose régulièrement de savoir si les pigeons voyageurs peuvent jouer un rôle dans l’infection ou la propagation de cette maladie. Une étude américaine majeure réalisée en 1996 a examiné cette problématique de manière approfondie.

Objectif de l’étude

L’étude visait à déterminer :

  • si les pigeons sont sensibles à l’infection par le virus de l’influenza aviaire (AIV)

  • s’ils peuvent multiplier et excréter le virus

  • s’ils représentent un risque pour d’autres espèces aviaires, telles que les poules ou les dindes

Méthodologie

Dans des conditions de laboratoire strictement contrôlées, des pigeons sains ont été exposés à :

  • des souches faiblement pathogènes

  • et des souches hautement pathogènes du virus de l’influenza aviaire

L’inoculation a été réalisée par différentes voies :

  • la voie oculo-nasale (yeux et narines), simulant une exposition naturelle

  • la voie intraveineuse (directement dans le sang), représentant un test particulièrement rigoureux

Les pigeons ont ensuite été suivis attentivement pendant plusieurs semaines.

Résultats

Les résultats ont été clairs et concordants :

  • Aucun pigeon n’a présenté de signes cliniques, même après exposition à des doses élevées du virus

  • Aucune excrétion virale n’a été détectée lors des contrôles effectués à 7, 14 et 21 jours après inoculation

  • Les examens post-mortem n’ont révélé aucune lésion ni altération des tissus

  • Les analyses sanguines n’ont montré aucun anticorps détectable contre l’AIV

Ces résultats démontrent que le virus ne s’est pas multiplié chez les pigeons.

Conclusion des chercheurs

Les chercheurs ont conclu que les pigeons :

  • ne sont pas sensibles à l’infection par l’influenza aviaire dans les conditions de l’étude

  • n’excrètent pas le virus

  • ne développent pas de réponse immunitaire mesurable

Par conséquent, les pigeons ne constituent pas un hôte pour le virus de l’influenza aviaire.

Données de terrain complémentaires

Ces résultats expérimentaux sont confirmés par des études de terrain menées lors d’épisodes antérieurs d’influenza aviaire aux États-Unis, au cours desquelles :

  • des milliers d’animaux provenant de zones de quarantaine ont été testés

  • dont plusieurs centaines de pigeons

  • aucun pigeon n’a été trouvé positif au virus ni porteur d’anticorps

Importance pour la colombophilie

Sur la base de cette étude et d’autres travaux similaires, les pigeons voyageurs sont traités différemment des volailles dans les mesures de lutte contre l’influenza aviaire aux États-Unis. Sous certaines conditions de transport, des concours de pigeons ont même été autorisés dans des zones de quarantaine spécifiques.

Conclusion finale

Les données scientifiques démontrent que les pigeons voyageurs ne jouent aucun rôle dans la propagation de l’influenza aviaire. Ces résultats apportent une base scientifique solide et rassurante pour la colombophilie.


Référence

Panigrahy, B., Senne, D. A., Pedersen, J. C., & Pearson, J. E. (1996).
Susceptibility of pigeons to avian influenza.
Avian Diseases, 40(2), 422–424.
United States Department of Agriculture (USDA), National Veterinary Services Laboratories, Ames, Iowa, USA.

Image : source inconnue